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La chronique de Paul Hardman : La nuit des blouses grises, de Jean Contrucci

14/09/2018

Et cette fois-ci, Contrucci attaque le train postal... Difficile d’arrêter une série quand elle compte déjà 12 titres à son actif. Le 12e, L’affaire de La Soubeyranne, a obtenu au début de l’été 2018 le Prix de l’Évêché, décerné par le Rotary Marseille Saint-Barnabé, avec la complicité - si on ose dire - des autorités de l’hôtel de police de Marseille, surnommé "l’Evêché", comme chacun le sait ici. Et, même si Jean Contrucci avait évoqué il y a quelque temps l’idée d’arrêter d’écrire ses fameux "Nouveaux mystères de Marseille", le voilà donc qui continue, au moins jusqu’au numéro 13. 13 comme le chiffre emblématique de la ville de Marseille, fatalement…
Ses lecteurs le savent bien, Jean Contrucci, lui-même ex-journaliste du Provençal, a situé sa série des "Nouveaux mystères de Marseille" dans le giron du Petit Provençal, quotidien marseillais du début des années 1900, époque où se déroulent ses intrigues. Son héros, Raoul Signoret, y est reporter, et ses enquêtes l’ont amené à nous faire découvrir (presque) tous les quartiers de Marseille. Un superbe travail de recherche de la part de l’auteur, qui nous fait revivre les passions et l’atmosphère d’une Marseille disparue, même si parfois on se dit qu’elle n’a pas tant changé que ça.
Cette fois-ci, c’est autour de la gare Saint-Charles et du Vieux-Port que s’incrémente la nouvelle enquête de Raoul Signoret. Une attaque à main armée a lieu : des bandits ont bloqué le convoi ferroviaire du P.L.M., le Paris Lyon Marseille, sur les voies à l’approche de la gare, et ils ont dérobé 110 kilos en lingots d’or. Plus que dans un quartier, Raoul Signoret va cette fois mener son enquête dans des milieux qu’il ne connaissait pas : celui des chemins de fer, alors en pleine expansion, mais aussi celui des "blouses grises" du titre, à savoir des travailleurs des abattoirs, à qui les voleurs ont "emprunté" leur tenue : de larges blouses grises et des passe-montagnes, tout ce qu’il faut pour ne pas être reconnus.
Une fois de plus, Jean Contrucci nous fait redécouvrir Marseille en naviguant entre histoire, petite et grande, et récit bien troussé. Comme un orfèvre, il a la précision chevillée à la plume.

> pour Words from Mars > Paul Hardman
"La nuit des blouses grises", par Jean Contrucci, éditions JC Lattès, 336 pages, 19 euros.

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